CCN¹

Édito

L’institution n’est pas qu’un mot, c’est un mouvement !

Les structures culturelles orléanaises vivent aujourd’hui un moment inédit. L’arrivée simultanée des deux nouvelles directions au CDN et au CCN¹ ouvre une nouvelle ère offrant une formidable opportunité de rapprochement et un contexte unique pour créer un quartier de la création avec les quatre structures du Théâtre d’Orléans : Scène Nationale, CDN, CADO et CCNO.
J’envisage ce rapprochement non seulement comme un élan pour créer une dynamique commune mais aussi comme un moyen pour réunir nos forces, nos ambitions et nos rêves, et affirmer encore davantage la place de la création dans la cité et la nécessité de l’art dans nos vies.

Penser la vie culturelle à Orléans de façon collaborative permet de créer des ponts entre tous les partenaires culturels de la ville et de la région. Ce réseau d’initiatives locales sera riche de collaborations favorisant le développement de projets créatifs et innovants. Une chance inouïe pour le grand public orléanais !
Car dans le projet que je propose, c’est bien la question des publics qui est en jeu. Bien sûr, la création et sa représentation est au cœur de la vie du CCN¹. Mais autour, avant et après, il y a tout un monde à découvrir, à partager et à explorer ensemble. Faire l’expérience de la danse ensemble, dans ses moindres replis, dans un mouvement d’« aller vers », vers les gens, vers les autres arts, telle est l’ambition de ce nouveau projet. Le lieu idéal pour moi est celui qui accueille des expérimentations sociales, éducatives, artistiques et politiques. Un lieu de création entre théâtre, école, projet collectif, kibboutz, un lieu qui ré-articulerait « l’art et la vie » en insufflant de l’art dans le quotidien et du quotidien dans les pratiques. Il n’y a pas besoin de pré-requis pour entrer dans un théâtre ou venir voir le travail d’un artiste au CCNO. Tout est une question d’accessibilité, ou comment rendre possible la rencontre, comment tisser du lien.

Je propose que la danse vienne aux publics, autant que ceux-ci viennent à la danse. Rien de mieux alors que de la faire sortir des théâtres ! Poussons les portes des institutions, faisons tomber les murs et donnons à la danse l’opportunité d’investir l’espace public afin qu’elle prenne à bras le corps tous les habitants d’une ville. « Danser la ville » pour que chacun puisse faire l’expérience de la danse. Car ce sont les expériences qui nous construisent, nous rendent curieux, ouverts, et donc un peu plus libres.

Ré-inventer les modes d’accompagnement des artistes, repenser l’éducation des publics, faire d’une institution comme celle-ci un lieu de représentation des formes artistiques d’aujourd’hui mais aussi un lieu unique d’enseignement des citoyens et un pôle privilégié d’expérimentation, voilà le projet que je voudrais mener ces prochaines années à Orléans. « La mise en art et en action » devient une priorité. Avec la danse comme foyer d’expérimentation privilégié en la matière. Une éducation par l’expérience, cela peut se comprendre simplement par le fait qu’apprendre, c’est faire.

Le CCNO sera un lieu de création artistique fort mais je l’envisage également comme un lieu d’études, bâtit autour de deux convictions : que la démocratie commence par l’éducation et que les arts doivent être mis au centre de l’enseignement et de la vie dans la cité. L’état de crise dans lequel se trouve notre société, et les institutions qui la régissent, ne laisse à mon sens plus aucun doute à ce sujet. Favoriser la mise en œuvre d’initiatives plurielles, dans un esprit d’ouverture vers les autres seraient les valeurs cardinales d’une utopie de projet comme celui-ci.

Je rêve donc un lieu qui aurait le courage de l’expérience artistique sous toutes ses formes et toutes ses esthétiques. Mais aussi des expériences extrêmes : de spectateurs, d’artistes, de citoyens, de corps, de regards, de mots, d’esprit, de communautés, d’expériences du politique, d’expériences critique, d’expériences du dialogue, d’expériences du conflit, d’expériences de la protestation, d’expériences de l’amour… Alors l’imprévisible deviendra l’ingrédient majeur du projet, et le CCN¹ sera le lieu qui accueillera au mieux et toujours l’imprévisible.

Maud Le Pladec
Directrice du Centre chorégraphique national d’Orléans
juillet 2017

37 rue du Bourdon Blanc
CS 42348
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Du lundi au vendredi
de 9h — 12h30
et de 14h — 17h30