La mort de l'empereur


Drame musical

Inspiré des textes de la Chine ancienne, écrits à l'époque des Six Dynasties (282-589) et du règne Tang (618-907), d'après la traduction de Jacques Dars. Cent hommes mués en spectres, cadavres animés, monstres divers ... en chinois, de tels phénomènes, occultes, insolites, troublants, fatals se nomment " GUI ". Ils ont de tous temps stimulé l'imagination des chinois. L'original, le fascinant trouble dans cette vision du monde et de la nuit, tient à ce que les simulacres fonctionnent dans les deux sens de l'imaginaire et du réel. Ils peuvent s'animer, se " réaliser " suffisamment en tout cas pour provoquer la méprise, l'illusion est susceptible alors de vous infliger de cruelles morsures ! Pour, une fois dissipée, retourner ses instruments au magasin des accessoires du quotidien domestique le plus prosaïque. Parfois encore, vous montent à la tête, des créatures monstrueuses et tarabustantes, les " MEI ", esprits des forêts et des monts, volontiers malins, les " WANGLIANG ", gnomes pernicieux qui se nichent dans les arbres ou dans les rochers, il arrive aussi qu'entrent dans la ronde les " YAOJING ", essences maléfiques de bêtes, farfadets et lutins de tous poils. Contre cela, point de recettes établies, la meilleure solution est encore la fuite dit l'adage...

Les chroniqueurs, inspirés des tours magiques de démons confidents, excellent en l'art d'amalgamer l'ordinaire et l'insolite, de confondre sciemment la réalité de ce monde et celle, fantastique, de l'univers des démons ... mais au fait ne serait-il pas plus raisonnable d'énoncer ainsi : des chroniqueurs habiles à confondre la réalité du monde des démons avec l'éphémère et fantasmatique image du réel, aussi évanescent et illusoire qu'un songe. La savante rouerie des conteurs finit par brouiller les pistes et les cervelles.

Ainsi, cette histoire arrivée à la fin de l'ère TAIYUN (376-397), sous le règne de l'Empereur XIAO WU, chez YANXIAN, dans le district de WU.

Chaque fois que YANXIAN se mettait à table, une créature au corps de singe, à face humaine et velue, monstrueuse apparence, venait immanquablement lui prendre sa nourriture. Un jour que son épouse était occupée à tisser, YANXIAN, abusé, abattit son arme... Le démon sortit d'un bond hors du corps de l'épouse et se frottant les mains, éclata de rire puis sorti...

  • Chorégraphie et mise en scène : Josef Nadj
  • Scénographie : Goury
  • Costumes : Catherine Rigault
  • Masques : Jean-Marie Binoche
  • Création lumières : Rémi Nicolas assisté de Sylvie Vautrin
  • Musique originale du compositeur hongrois : Gyorgy Szabados interprétée par les onze musiciens de la formation Makuz de Budapest présents sur scène
  • Poète : Gyula Kodolanyi/livret
  • avec : Joseph Sarvari (l'Empereur), Denes Debrei (Le Fou), Marie-Hélène Mortureux (La petite sainte), Gyork Szakonyi (le Docteur), LaszloHudi (Le Magicien), Kathleen Reynolds, Cécile Thièblemont (les femmes), Josef Nadj, Frédéric Lescure (les serviteurs, Philosophes)
  • L'Orchestre de cour : Tamas Kis Kobzos (vocal), Istvan Grencso (saxo, flûte, clarinette),Mihaly Dresch (saxo,flûte, clarinette basse), Zsolt Vasko (flûte,piccolo), Ferenc Kovacs (trompette), Miklos Mako (trompette), RobertBenko (basse), Attila Lorinczky (basse), Tamas Geroly (percussion),Istvan Balo (percussion), Gyorgy Szabados (piano)


en premier plan de gauche à droite : Gyork Szakonyi, Josef Nadj, Frédéric Lescure, Joseph Sarvari
Production : Commande du Quartz de brest, Théâtre de la Ville - Paris, L'hippodrome - Douai, Centre de Production Chorégraphique d'Orléans, Grâce au concours de la Fondation Beaumarchais, avec la participation d'AlphaFnac.

Coproduction du Centre Chorégraphique National d'Orléans

Création à Brest en novembre 1989