Artiste associée – Nina Santes

Nina Santes

— Artiste associée avec le CCNO

© Nina Cali Dos Anjos

Affirmer la place et la représentation des femmes dans le milieu artistique est une mobilisation quotidienne pour le CCNO. Bénéficiaire du dispositif de l’artiste associée à partir de 2021, le CCNO décide d’affirmer davantage ce positionnement en s’associant pour trois ans avec la chorégraphe Nina Santes. Des rendez-vous publics, des performances et des résidences de création proposés par/avec Nina Santes viendront imprégner, percuter, secouer, épouser le projet du Centre chorégraphique.

Nina Santes
fait ses débuts sur scène en tant que marionnettiste. Depuis 2008 elle a collaboré en tant qu’interprète avec de nombreux chorégraphes. Elle est l’auteure de Désastre (2012), en collaboration avec le compositeur Kasper Toeplitz, Transmorphonema, un duo avec le chorégraphe Daniel Linehan (Vif du Sujet SACD 2014), Self made man (2015). En mars 2016, elle co-signe un duo avec Célia Gondol : A leaf. La pièce est recréée pour le Festival d’Avignon en 2019. En 2018, elle crée Hymen Hymne, pièce pour 5 interprètes. La même année, elle reçoit le Prix SACD Nouveau Talent Chorégraphique. En 2020, elle crée République Zombie, pour trois interprètes. Elle crée également (Though a silent orchestra, they were full of) ELEGIES, une performance sonore et chorégraphique pour la voix d’un enfant et un groupe de chanteur•se•s traditionnel•les, pour le MIR Festival - Athènes. En 2021, le Ballet de l’Opéra de Lyon l’invite à créer un solo, LA VENERINA, pour la danseuse Elsa Monguillot. À partir de 2022, elle ouvre un nouveau cycle de créations, Beauty Glow Tanning Studio. Le premier épisode de ce cycle est un solo intitulé Peeling Back.


Créations


Peeling Back – Épisode 1 de la série BEAUTY GLOW TANNING STUDIO de Nina Santes — 2023

© Nina Santes

Chorégraphe, Nina Santes envisage la scène comme un espace d’émancipation, de métamorphoses et de liberté. Issue du monde du théâtre ambulant, elle a fait ses débuts en tant que marionnettiste avant de se tourner vers la danse.
Dans ce nouveau cycle de création, conçu en trois temps, la performeuse nous invite dans un salon de beauté, le Beauty Glow Tanning Studio, qu’elle envisage comme un lieu-créature. Dans ce lieu, des paradoxes s’entrechoquent, entre digestion de la violence et quête d’une forme de beauté radicale.
Premier épisode de ce cycle, le solo Peeling Back s’intéresse aux mythes du sacrifice, entre satire et rituel. Dans ce spectacle inspiré de la science-fiction féministe, Nina Santes poursuit son travail sur le langage du corps dissocié, marionnettique.
A chaque représentation, elle invite une personnalité de la musique, de l’art culinaire, littéraire, du monde cosmétique ou militant, à partager la scène avec elle. Une manière de vous proposer une pièce inédite.

République zombie de Nina Santes — 2020

© Margaux Vendassi

République Zombie est une pièce pour interroger, exacerber un état zombie, au sens d’un « engourdissement du temps, de l’action, du monde entier » (R. Barthes), et performer nos stratégies de réveil, de mise en alerte. C’est un projet chorégraphique et musical qui prend pour point de départ la figure du zombie et s’intéresse à travers elle aux phénomènes de dissociation, de disparition et de présence.

La dissociation comme langage chorégraphique et musical des corps zombis, comme symptôme de nos temps modernes capitalistes, de nos aliénations, de notre relation aux traumas, de nos corps démembrés, de nos affects coupés.

Quel langage du monde en décomposition, de la civilisation malade? Comment vivre avec nos états disloqués, leur faire place, s’éprouver vivants parmi eux?

La pièce s’appuie sur une recherche autour de la figure du zombie, qui nous parle de ce que nous ne voulons pas voir, de l’ob.scène (ce qui est hors de la scène et suscite l’effroi). Au delà de l’imaginaire populaire que cette figure évoque à travers les films de genre, je me suis intéressée à la métaphore sociale qu’elle pouvait convoquer.

Façonné par la violence coloniale, le zombie est une figure double, à la fois grotesque et terrifiante, incarnation d’une somme de peurs. Le zombie est la victime aliénée et l’agresseur, condensés dans un même corps. Il est un corps errant, qui crée une forme de chaos organisé à l’intérieur et à l’extérieur de lui. Il annule les frontières, les géographies. Il est une menace qui gagne toujours du terrain. Il est lent et n’a pas de but, mais il est parfois saisi de convulsions, d’actions répétitives, de pulsions cannibales, de retroussements, qu’il ne s’explique pas. À la manière d’un masque Sumérien, il est pétrifié, ni mort ni vivant, dépossédé. Un corps dissocié, aliéné, dont la maladie est une danse.

L’écriture chorégraphique et musicale s’appuie sur un travail de dissociation entre la partition de la voix et celle du corps, provoquant une disjonction entre ce que nous voyons et ce que nous entendons. Les chants et les danses surgissent comme des percées, des cris, des convulsions. La pièce est nourrie d’un travail autour des chants saturés et des chants de gorge, dont la fonction traditionnelle est souvent de créer une zone de passage, un pont entre le visible et l’invisible, les morts et les vivants, le rationnel et le magique.


Hymen hymne de Nina Santes — 2018

Hymen hymne est un projet chorégraphique et musical pour 5 interprètes, né de mon désir de prolonger le travail d’incarnation de figures et de corps marginaux, hybrides, autres, amorcé notamment avec le solo Self made man.

Au delà de la pratique de la sorcellerie, ce projet appelle la sorcière comme un devenir, un potentiel, une construction sociale. Celle qui est qualifiée ou auto-proclamée, celle qui est rejetée ou qui choisit délibérément d’occuper la marge, celle qui est déviante, prend soin de l’obscur, s’empare de son corps et de sa voix pour jeter un sort à l’ordre établi.

Inspiré des mouvements écoféministes nés à la fin des années 1970 aux États-Unis et de la résurgence de la figure de la sorcière comme symbole de subversion, Hymen hymne est une forme immersive de concert parlé, dansé, et chanté, oeuvrant au croisement de la recherche documentaire et de la fabrication d’un rituel magico-politique.


A Leaf de Nina Santes & Célia Gondol — 2016 — Recréation 2019

A Leaf est un concert chorégraphique et musical dans lequel les présences et voix de Célia Gondol et Nina Santes envahissent l’espace et cherchent à faire vibrer le corps du spectateur. Un live, un rébus constitué de morceaux dansés, chantés, parlés.

A Leaf déroule la fiction de deux créatures chargées de flux, qui explorent l’espace du théâtre comme un champ de forces à rendre perceptibles, chantent leur mélancolie environnementale, dansent la cinquième dimension et le sentiment amoureux.

A Leaf est un cabaret de bruits physiques, de slows, de fulgurances, d’harmonies, de résonances, entre les ondes gravitationnelles et les énergies noires, les états troubles et les gestes cataclysmiques.
Les deux figures qui habitent le plateau invitent le public à une expérience immersive et à entrer dans l’image par la matière sonore.

A Leaf est une déclaration de tendresse radicale pour un monde qui n’existe pas encore ou peut-être plus. C’est un duo de galaxies cannibales, un cri, une spirale, une alarme pour secouer nos corps empathiques et nos émotions telluriques.

A Leaf is about, you and me my love.



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